Action de la France en Asie du Sud-Est [id]

Action de la France en Asie du Sud-Est : pour une stabilité de la région asiatique, une libre navigation et des partenariats stratégiques solides.

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Le détroit de Malacca dispute aujourd’hui la première place à celui d’Hormuz pour le transit mondial de pétrole avec plus de 15 millions de barils par jour. Ce sont aussi 40% du commerce mondial qui transite par cet étroit goulot de moins de 3 kilomètres. Ces flux traversent et drainent l’Asie du Sud-Est qui, dans les quinze prochaines années, tirera la croissance mondiale. Quatre pays de l’ASEAN à eux seuls cumuleront, en 2030, un PIB de mille milliards de dollars.

Une navigation fluide, libre et sans entrave dans les détroits de Malacca, Singapour, la Sonde, Lombok, Macassar ou encore Omboi et Wetar, ainsi que dans les mers qu’ils relient est donc l’une des conditions primordiales du bon fonctionnement de l’économie mondiale. La France reconnait, dans le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, « qu’une crise majeure en Asie aurait des conséquences économiques, commerciales et financières très sérieuses en Europe ». Ainsi est-il important qu’elle contribue à la stabilité et la liberté de navigation de cette région et de ses détroits en particulier.

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La coopération avec les armées françaises, ainsi qu’un attachement commun à un ordre international fondé sur le droit, constituent le socle des partenariats stratégiques établis, notamment, avec la Malaisie, Singapour et l’Indonésie, pays qui bordent le détroit de Malacca. Les visites officielles du président de la République dans ces trois Etats du 26 au 29 mars ont été l’occasion de renforcer des liens déjà solides. En Indonésie, une déclaration conjointe des Présidents a en outre ajouté une dimension maritime au partenariat stratégique existant, conclu en 2011.

La France soutient fortement la vision de l’Union européenne qui veut concourir, à travers la mise en œuvre de sa stratégie globale, à l’efficacité des initiatives de coopération régionale en matière de défense et de sécurité. Même si nos moyens de défense européens ne sont pas communautarisés, l’approche européenne apporte une réponse adaptée aux défis multiples auxquels la région fait face, quand se conjuguent les effets systémiques du changement climatique, des tensions sur les ressources et de la croissance démographique.

L’engagement de la France se manifeste aussi, très concrètement, par la présence régulière d’unités de la marine nationale dans ces eaux, comme l’illustre le passage par le détroit de Malacca, ce 12 avril, de la mission « Jeanne d’Arc », déploiement opérationnel concourant à la formation des officiers-élèves de la marine. Le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral et la frégate Courbet, entrés en zone indopacifique le 18 mars dernier, poursuivront ce déploiement en Asie pour l’achever à Guam.

Une fois ces unités revenues à Toulon, l’action de la France se prolongera notamment dans le Pacifique Sud au moyen des forces de souveraineté de Polynésie Française et de Nouvelle-Calédonie, présentes dans les départements et collectivités d’outre-mer. Outre la protection des territoires, ressortissants et intérêts français, ces unités continueront d’entretenir et de faire vivre les partenariats stratégiques tissés dans la région, contribuant ainsi à l’action collective pour la stabilité de l’Asie du Sud-Est.

Capitaine de Frégate Gaël LACROIX
Attaché de Défense près de l’Ambassade de France en Indonésie.

Dernière modification : 20/04/2017

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