Conférence d’Abu Dhabi sur le patrimoine en péril (2 – 3 décembre 2016) [id]

Les destructions et pillages de sites historiques, notamment en Afghanistan, en Syrie, en Irak ou encore au Mali, ont conduit la France et les Emirats Arabes Unis à s’associer afin de trouver des solutions concrètes.


La conférence marque à la fois un aboutissement, afin que les engagements concrets soient pris, et le point de départ d’un processus qui se poursuivra au cours du premier semestre 2017, avec l’adoption d’une résolution cadre au Conseil de sécurité des Nations Unies.

La conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril a deux objectifs principaux.

  1. créer un Fonds international pour la protection du patrimoine en danger dans les zones en conflit, qui aura pour objectif une levée de fonds de 100 millions de dollars. Sur la base du volontariat, ce Fonds sera ouvert aux contributeurs publics et privés et il sera destiné à soutenir la prévention, l’intervention d’urgence ainsi que l’aide à la reconstruction.
  2. mettre en place d’un réseau international de refuges de biens culturels en danger, en réponse aux demandes des Etats souhaitant mettre à l’abri leurs oeuvres en péril. Cette mise à l’abri sera garantie par le respect de principes directeurs : la conservation, la propriété, le retour et l’insaisissabilité des différentes oeuvres. Par souci d’équilibre et de transparence, les organisations non gouvernementales y seront associées.

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Appel en faveur d’une mobilisation internationale pour la protection du patrimoine culturel en péril (1er décembre 2016)

Cinq prix Nobel lancent un appel en faveur de la Conférence internationale d’Abou Dabi sur la protection du patrimoine culturel en péril

  • Aung San Suu Kyi, conseillère d’Etat et ministre des affaires étrangères de Birmanie, Prix Nobel de la Paix en 1991
  • Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, Prix Nobel de la Paix en 2001
  • Helen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria, Prix Nobel de la Paix 2011
  • Orhan Pamuk, écrivain, Prix Nobel de littérature en 2006
  • Mario Vargas Llosa, écrivain, prix Nobel de littérature en 2010

Partout dans le monde, les guerres et le terrorisme menacent un patrimoine parfois millénaire, témoignage de la diversité des civilisations humaines et de notre commune humanité.

A la tragédie des populations civiles persécutées en raison de leur origine, de leurs convictions ou de leurs croyances et qui n’ont d’autre choix qu’entre la mort ou l’exil, s’ajoutent le trafic, le pillage, la destruction de ce bien public universel qu’est notre héritage culturel.

A Bamiyan, à Mossoul, à Palmyre, à Tombouctou et ailleurs, des œuvres ont été détruites, et c’est l’humanité tout entière qui était visée. Une trace de notre histoire a été effacée et c’est notre espérance dans l’avenir que le fanatisme a voulu saper.

Cet acharnement à réduire en cendre des expressions immémoriales doit être combattu. Il y a urgence à agir, le temps n’est plus aux indignations impuissantes.

Nous lançons aujourd’hui un appel à la prise de conscience de la communauté internationale. Nous demandons aux gouvernements, à l’UNESCO et à la société civile de se mobiliser pour protéger et sauvegarder le patrimoine culturel de l’humanité :

  • Parce qu’il est ce qui nous unit par-delà les continents
  • Parce qu’y porter atteinte, c’est menacer gravement la paix et à la sécurité internationales
  • Et parce que sans mémoire, il n’y a ni rêve ni horizon communs possibles.

Dans cet esprit, nous saluons la tenue à Abou Dabi le 2 décembre de la conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril et appelons tous les participants à faire face à leurs responsabilités. Le défi est historique. Sachons le relever.

Dernière modification : 20/12/2016

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