Le déclin industriel n’est pas une fatalité ! [id]

Comme d’autres grands pays, dont l’Indonésie, la France a été confrontée au cours des dernières décennies à l’émergence rapide de la Chine et à la transformation des chaines de valeurs internationales. Ces évolutions ont conduit à une profonde mutation de notre tissu industriel. Depuis deux ans, la montée des tensions commerciales et du protectionnisme renouvelle encore l’urgence de revoir nos modèles.

Pour le gouvernement français, l’industrie vers laquelle il faut aller, l’industrie du futur, c’est celle de l’innovation, celle de la matière grise. Pour accélérer notre transition, nous nous attaquons à cinq chantiers principaux.

Le premier est celui de la formation : 15 milliards d’euros vont être investis sur cinq ans dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) pour former les actifs les moins qualifiés et répondre au défi de l’automatisation.

Le deuxième est celui de la fiscalité. Pour encourager les investissements productifs nous avons mis en place une flat tax à 30% sur les revenus du capital et réduisons l’impôt sur les sociétés de 33 à 25%.

Le troisième est celui du coût du travail. Il se traduit par la pérennisation des allégements de charges sur les bas salaires.

Le quatrième est celui de l’innovation : les dispositifs fiscaux français en faveur de la R&D, parmi les plus généreux au monde, sont sanctuarisés et l’Etat investit 10 Mds USD dans l’innovation de rupture.

Le cinquième est celui des filières. Nous croyons que face à nos concurrents, une approche collective est indispensable. C’est dans cette optique que le gouvernement a lancé la French Fab, la bannière qui fédère toutes les initiatives publiques en faveur de notre transformation industrielle. Les entreprises se sont également rassemblées au sein de l’Alliance pour l’industrie du futur.

Ces efforts payent. Nous sommes depuis deux ans le pays d’Europe qui accueille le plus d’investissements industriels internationaux. Ce ne sont plus les vieilles lignes de production, mais des industries de haute technologie. Selon le baromètre EY, la France est la destination la plus attractive au monde pour les investissements industriels et en recherche et développement (R&D).

Pour son nouveau mandat, le président Jokowi s’est fixé des chantiers comparables aux nôtres lorsqu’il parle de développement du capital humain et de diversification économique. La politique « making indonesia 4.0 » et les projets de loi omnibus dans la fiscalité et pour la création d’emploi reflètent ce constat commun : le cadre créé par nos gouvernements doit être le plus favorable possible pour encourager les entreprises à se transformer.

Les entreprises françaises suivent avec intérêt ces réformes et sont prêtes à investir pour soutenir la modernisation industrielle de l’Indonésie. C’est ce qu’a déjà fait le groupe Schneider Electric dans son usine de Batam, qui a été sélectionnée par le ministère de l’Industrie indonésien comme « phare » pour la politique « making indonesia 4.0 ». C’est que font également Danone, Tereos, L’Oréal, Michelin et d’autres entreprises françaises qui ont investi dans des outils de production importants en Indonésie. C’est enfin dans cet esprit que le Service économique de l’Ambassade et notre agence de soutien à l’export Business France organisent le 10 décembre une conférence à Jakarta sur le thème de l’industrie du futur. Elle va réunir plus de 150 acteurs français et indonésiens. Le déclin industriel n’est pas une fatalité.

Tribune de l’Ambassadeur Olivier Chambard sur l’industrie du futur.

Dernière modification : 30/01/2020

Haut de page